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Au lendemain de la Foire Africaine, un événement célébrant la diversité, le dialogue interculturel et le vivre ensemble, notre association a été confrontée à un phénomène que nous ne pouvions ignorer : une montée soudaine et ciblée de discours de haine sur les réseaux sociaux. Alors que la Foire portait un message d’ouverture et d’unité, l’espace numérique s’est transformé en terrain d’hostilité où se sont accumulés commentaires insultants, accusations infondées et propos discriminatoires. Ce décalage entre l’esprit de l’événement et la violence des réactions en ligne révèle combien la haine peut se déployer rapidement lorsque la diversité et l’inclusion dérangent.

L’analyse de ces commentaires met en évidence une réalité particulièrement préoccupante : la majorité des attaques visaient des femmes. Qu’il s’agisse de membres de notre équipe ou de volontaires mobilisées pendant la Foire, ce sont elles qui ont été les premières exposées aux critiques sexistes, aux propos malveillants et aux tentatives de dénigrement personnel. Leur engagement, leur visibilité dans l’organisation et leur rôle central au sein de notre association ont suffi à déclencher des réactions violentes, souvent teintées de misogynie. Cette expérience a illustré avec force que, dans les espaces numériques, les femmes demeurent les cibles privilégiées des discours de haine.

C’est précisément ce constat qui donne une résonance particulière aux 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre. Cette campagne internationale, qui appelle chaque année à agir contre toutes les formes de violences envers les femmes, englobe désormais la réalité de la violence en ligne. Celle-ci ne se limite pas à quelques mots tapés derrière un écran : elle ébranle, elle atteint, elle intimide. Elle cherche à décrédibiliser celles qui prennent la parole, à réduire leur présence dans l’espace public, à affaiblir leur confiance et leur engagement. Ce que nous avons vécu après la Foire Africaine n’est pas un épisode isolé ; c’est l’expression numérique d’un schéma global où les femmes restent en première ligne des attaques lorsqu’elles s’engagent pour une cause ou occupent un rôle visible.

Face à cette vague de haine, notre réaction n’a pas été la colère, mais la lucidité et la détermination. Lucidité, car il était nécessaire de nommer clairement cette violence, de comprendre ses mécanismes et d’en mesurer l’impact. Détermination, car les attaques que nous avons subies ne peuvent en aucun cas freiner notre mission ni réduire au silence celles qui la portent. Au contraire, elles renforcent notre conviction que le vivre ensemble, la solidarité et la dignité humaine doivent être défendus avec encore plus de force.

À l’occasion des 16 jours d’activisme, nous souhaitons rappeler que la lutte contre les violences basées sur le genre concerne aussi la protection des femmes dans les espaces numériques. Ce que nous avons traversé démontre l’urgence d’agir collectivement pour créer des environnements en ligne où le respect prime sur la haine, où la diversité est célébrée et où les femmes peuvent s’exprimer sans crainte d’être attaquées en raison de leur genre. La Foire Africaine était un espace de rencontre, de partage et d’humanité ; nos plateformes numériques doivent pouvoir incarner les mêmes valeurs.

Aujourd’hui plus que jamais, nous restons fidèles à notre engagement. Aux côtés des femmes de notre équipe et de toutes celles qui œuvrent pour une société plus juste, nous continuerons à avancer, à dénoncer les violences, à protéger, à sensibiliser et à défendre le vivre ensemble, dans la rue comme sur les réseaux. Notre réponse à la haine sera toujours plus de solidarité, plus de dialogue et plus d’humanité.